Ces gestionnaires qui devront décider et agir en 2005

L'année 2005 pourrait bien être une année tournante en Amérique du Nord en marquant le début d'un important ralentissement économique.  Les possibilités de plus en plus importantes que ce scénario se réalise tracent la voie à des changements radicaux au niveau des pratiques des gestionnaires. Ces derniers pourraient être appelés à modifier de manière significative et durable leurs façons de prendre des décisions et d'établir des priorités.   

Sans être alarmistes, certains économistes prévoient que l'économie nord-américaine pourrait commencer à ralentir sérieusement à partir de 2005, et ce, pour une période de plusieurs mois. Pour justifier cette position, ils soulignent de nombreux facteurs , dont; le niveau record d'endettement des populations et des gouvernements Nord américains, la très vive compétition provenant des pays d'Asie et d'Europe, la valeur élevée des devises nord-américaines, les très bas taux d'intérêts en Amérique du Nord, le faible niveau d'épargne, l'essoufflement général de la confiance des consommateurs et l'augmentation des coûts énergétique. Ces nombreux facteurs combinés réduisent considérablement la marge de manœuvre et la capacité des différents organismes pouvant stimuler l'activité économique en Amérique du Nord à court terme.  De même, à moyen et long terme, la possibilité d'un désengagement progressif des différents gouvernements nord-américains au niveau des politiques sociales et d'aide aux entreprises, le vieillissement de la population, l'augmentation des contraintes environnementales et la diminution des ressources premières pourraient accentuer la problématique de relance de l'économie.

Dans un tel contexte, il est certain que les gestionnaires seront plus prudents et chercheront à protéger davantage leur entreprise en visant l'optimisation des activités rentables tout en éliminant celles qui ne le sont pas.  De façon plus globale, le scénario d'une purge des activités économiques non rentables devient très probable et pourrait donc toucher l'ensemble des secteurs d'activités économique.  Les secteurs qui ne sont pas liés à des besoins ou des fonctions de base pourraient être touchés plus durement s'ils ne sont pas innovateurs et dynamiques. Sans parler de chasse aux sorcières, il apparaît évident que le ciblage et l'évaluation structurés des activités non rentables des organisations seront des préoccupations de gestion très importantes qui conditionneront de manière déterminante l'orientation des indicateurs de gestion des systèmes de suivi et de prise de décision. Les entreprises viseront à mieux identifier leur vulnérabilité et à disposer des données leur permettant de mieux comprendre et d'évaluer ces phénomènes en vue de réagir de façon adéquate et performante.     

L'an 2005 pourrait bien être le début d'une gestion de "l'essentiel" basée sur la meilleure évaluation des activités des entreprises et sur la réduction du gaspillage organisationnel.  Les gestionnaires qui se permettront de prendre les devants sur ces derniers points et qui effectueront une correction éclairée des pratiques de leur organisation en sortiront gagnants. Il n'est pas nécessaire d'attendre un contexte économique moins favorable, qui pourrait obliger à prendre des décision lourdes de conséquences sur le plan humain et social, avant d'entamer la réflexion qui s'impose. 

Patrice Beaudoin MPA, B.a.,
5 janvier 2005